En Afrique, la science au féminin (1). Alors que les étudiantes sont encore minoritaires sur les bancs des universités du continent, « Le Monde Afrique » dresse huit portraits de chercheuses qui montrent la voie à suivre.

Evidemment, l’Afrique est encore loin… Avec 35 chercheurs par million d’habitants, contre près de 2 500 en Europe et plus de 4 000 aux Etats-Unis (selon la Banque africaine de développement), le continent reste une terre de sciences en devenir. Pariant sur les universités et le retour de diasporas formées ailleurs, les 54 pays se battent pourtant pour se faire une place sur la scène mondiale de la connaissance et de l’innovation. Si aujourd’hui seuls 2,6 % des chercheurs de la planète travaillent entre Alger et Le Cap (selon l’Unesco), demain pourrait être différent au vu des quelque 200 000 étudiants africains qui préparent actuellement un doctorat (dont 160 000 dans des établissements africains et 25 000 en Europe).

Une donnée qui fait dire à Larissa Kojoué, chercheuse au laboratoire Les Afriques dans le monde (LAM), à Bordeaux, et observatrice de l’émergence de la recherche africaine, que « la courbe est ascendante, certes », mais que « cela tient plus à des dynamiques individuelles que collectives ». Pour celle qui a dirigé l’ouvrage collectif Tu seras docteur.e. mon enfant (éd. L’Harmattan), une petite révolution copernicienne reste à opérer. « Tant qu’on ne résoudra pas la question de la formation à la recherche qui est celle des conditions d’accès au doctorat, la recherche en Afrique gardera cette piètre mine. Parce que ces conditions sont précaires, tout ce qui permet de faire émerger, animer et développer des recherches innovantes manque. J’entends ici laboratoires de recherche, revues scientifiques, séminaires, colloques », explique-t-elle au Monde Afrique, avant d’ajouter : « Nos universités, en particulier celles d’Afrique centrale, sont en chantier alors qu’il y a longtemps qu’elles devraient être matures. »

L’université, levier de développement

En fait, le chantier est triple. Il se joue sur l’augmentation des capacités d’accueil, l’amélioration de la préparation à la recherche et l’équipement des laboratoires. Pour le premier point, l’histoire est en marche, si l’on en croit les statistiques de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). « En 1970, il y avait moins de 400 000 étudiants de l’enseignement supérieur dans la zone subsaharienne, alors que désormais, les universités n’en accueillent pas loin de 10 millions. Et la scolarisation dans l’enseignement tertiaire progresse de plus de 4 % l’an, contre une moyenne mondiale à 2,8 % », pointe l’organisation dans sa Revue de l’enseignement supérieur.

Dans certains pays comme le Tchad, la Côte d’Ivoire, le Congo et l’Ouganda, les effectifs des établissements d’enseignement supérieur privés ont même triplé, voire quadruplé, au cours de la dernière décennie, observe de son côté le rapport 2018 de la Banque mondiale intitulé... 

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