InformationInternationalPolitique

L’Afrique de retour au Secrétariat Général des Nations Unies ?

Après les mandats de Boutros Boutros-Ghali et de Kofi Annan, l’Afrique pourrait à nouveau briguer le Secrétariat Général de l’ONU. L’ancien président sénégalais Macky Sall se positionne pour succéder à Antonio Guterres, dont le mandat s’achève le 31 décembre 2026. Prêt à mettre son expérience au service de l’institution, il bénéficie déjà du soutien discret de plusieurs capitales africaines, d’Abuja à Luanda. Toutefois, ses ambitions se heurtent aux réserves de certains États proches des nouvelles autorités sénégalaises.

Une patate chaude pour les nouvelles autorités sénégalaises

Pour le duo Faye-Sonko, cette candidature constitue un véritable dilemme. Les relations acrimonieuses avec leur prédécesseur compliquent la donne. Le nouveau pouvoir doit choisir entre son idéologie panafricaniste et la volonté de sanctionner les dérives passées du régime Sall.

La situation est d’autant plus délicate que Macky Sall conserve une influence politique interne. En favorisant son accession à la tête de l’ONU, Dakar craint qu’il n’utilise cette tribune pour soutenir l’opposition. À l’inverse, un refus de l’État sénégalais serait perçu comme un manque de solidarité africaine, le mettant en porte-à-faux avec la jeunesse du continent. Un compromis semble probable : conditionner le soutien diplomatique de Dakar à un retrait définitif de Macky Sall de la scène politique nationale.

Un profil fédérateur

Fort de douze ans de présidence et d’une année à la tête de l’Union africaine, Macky Sall possède une maîtrise reconnue des problématiques mondiales. Ses chances sont réelles : il bénéficierait du soutien, ou du moins de la non-opposition, de Paris, Moscou et Pékin.

Néanmoins, deux obstacles majeurs subsistent. D’une part, une pression croissante pour qu’une femme accède enfin à cette fonction. D’autre part, le principe de rotation géographique tacite qui désignerait l’Amérique latine pour succéder à l’Europe. L’accession du Sénégalais à ce poste prestigieux dépendra donc autant de la levée de ces verrous internationaux que d’un indispensable consensus « sénégalo-sénégalais ».

Vijilin NGUELIFACK

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *