Coopération multilatérale, 39e plénière de l’Union africaine
Réunis à Addis-Abeba, siège de l’institution panafricaine, les États membres ont examiné les 14 et 15 février la problématique cruciale de l’accès à l’eau, inscrite en priorité dans l’Agenda 2063. Une manière d’aborder, en filigrane, l’enjeu plus global des changements climatiques.
Durant ces deux journées, les chefs d’État ont articulé leurs interventions autour du thème : « Assurer la disponibilité durable de l’eau et des systèmes d’assainissement sûrs pour atteindre les objectifs de l’agenda 2063 ». L’Union entend peser sur la recherche de mécanismes innovants de financement pour élargir l’accès à l’eau, tout en promouvant des règlements pacifiques face aux tensions liées à sa gestion.
L’exemple du différend entre l’Égypte et l’Éthiopie autour du Grand barrage de la Renaissance (GERD) sur le Nil bleu reste emblématique. Addis-Abeba invoquait un impératif de développement, tandis que Le Caire soulignait sa dépendance vitale au fleuve. La médiation de l’Union et d’acteurs internationaux a permis un compromis sur un remplissage échelonné du barrage.
Un thème d’avenir
L’eau constitue à la fois ressource vitale, levier de développement et facteur de rivalités géopolitiques. Face aux risques de sécheresse et de déplacements massifs de populations, l’Union ambitionne de renforcer son rôle d’anticipation et de médiation. Les changements climatiques accentuent l’urgence d’une réponse coordonnée à l’échelle continentale.
Le président burundais Évariste Ndayishimiye, élu pour l’exercice 2026 en remplacement de João Lourenço, a placé la coopération renforcée au cœur de son mandat.
Un creuset du multilatéralisme
En présence du Secrétaire général des Nations unies et de la Première ministre italienne Giorgia Meloni, les conflits majeurs du continent ont également été abordés : guerre au Soudan, tensions rwando-congolaises liées au M23 dans l’Est de la RDC, et crispations entre l’Éthiopie et l’Érythrée autour du Tigré.
Le sommet a enfin examiné les obstacles à l’intégration politique, notamment la montée de la xénophobie, tout en favorisant, en marge, un renforcement des coopérations Sud-Sud.







Vijilin NGUELIFACK


