39e sommet de l’Union africaine, des propositions audacieuses pour placer l’Afrique au cœur de son développement
Et si le 39e sommet de l’Union africaine, organisé au Mandela Square d’Addis-Abeba les 14 et 15 février derniers, avait marqué un tournant décisif dans la conquête du financement du développement du continent africain ? Alors que cette rencontre était officiellement consacrée à la question de l’accès à l’eau, des propositions audacieuses, portées par le président ghanéen John Dramani Mahama, ouvrent une perspective véritablement prometteuse pour l’Afrique, sous réserve de l’adhésion des autres États.
En effet, le président ghanéen a, lors de son intervention, invité ses pairs à envisager la mise sur pied d’un système de paiement africain, détaché du réseau SWIFT occidental et de la « dollarisation » de l’économie, laquelle ne joue pas nécessairement en faveur des petits États.
Déjà évoqué par le Guide libyen, le colonel Mouammar Kadhafi – et présenté par certains comme l’une des causes lointaines de sa chute –, ce projet viserait à remettre au goût du jour une ambition stratégique : prémunir le continent contre les fluctuations du dollar américain et contre le chantage consistant à brandir des sanctions pour contraindre les États récalcitrants à s’aligner sur un diktat diplomatique.
Que cette proposition soit reprise par un dirigeant d’Afrique anglophone, réputée proche de Washington, constitue en soi un signal politique fort, quelles qu’en soient les suites.
Dans la même dynamique, le président égyptien, le général Abdel Fattah al-Sissi, a évoqué la création d’un fonds africain de développement doté d’une enveloppe initiale de 500 millions de dollars, destiné à octroyer des prêts à taux préférentiels.
Certes, ces initiatives se heurtent aux contraintes de la conjoncture internationale et à un rapport de forces défavorable. Mais leur simple réactivation traduit une prise de conscience salutaire pour l’avenir du continent.





Vijilin NGUELIFACK


