Yaoundé, 1er décembre 2025. Le ton est donné. Moins de vingt-quatre heures après son plébiscite triomphal à la tête de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT), Samuel Eto’o Fils a frappé fort : le technicien belge Marc Brys n’est plus le sélectionneur des Lions Indomptables. Une décision prise lors d’une session d’urgence du Comité Exécutif de la FECAFOOT, qui met fin à un bras de fer institutionnel long de plusieurs mois.
Nommé en avril 2024 par le Ministère des Sports, Marc Brys a été au cœur d’un conflit de légitimité avec la FECAFOOT. Le Belge n’a jamais reconnu Samuel Eto’o comme son supérieur hiérarchique, créant des tensions persistantes qui ont sapé la sérénité de l’équipe nationale. Ce limogeage, justifié officiellement par la non-qualification du Cameroun pour la Coupe du Monde 2026, est avant tout un acte de reprise en main de l’autorité fédérale par son président fraîchement réélu.
Dans son discours de victoire, Samuel Eto’o avait pourtant annoncé la couleur : « Aucun joueur, encore moins aucun entraîneur ne sera au-dessus du Cameroun. » Ce licenciement est l’application immédiate de cette déclaration de principe. Il consacre la victoire institutionnelle de la FECAFOOT sur le ministère des Sports (MINSEP) dans la bataille pour le contrôle de l’équipe nationale.
Pour assurer la relève, la FECAFOOT mise sur une solution interne et locale : David Pagou. Technicien camerounais reconnu pour son expertise dans le championnat national, il faisait déjà partie du staff technique et assure désormais l’intérim.
Ce coup de théâtre intervient à un moment critique. Toutes les attentions se portent désormais sur la réaction du ministre des Sports, Narcisse Mouelle Kombi. Ce limogeage unilatéral et rapide promet un nouveau chapitre dans la guerre froide entre le gouvernement et la Fédération, avec le destin des Lions Indomptables pour enjeu.




Jean Bosco BELL
