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Aviation civile internationale : l’offensive chinoise

L’aéronautique restait l’un des derniers domaines où un fossé technologique séparait la Chine des grandes puissances mondiales. Ce retard est en passe d’être comblé. Jusqu’ici, la construction d’avions de ligne était la « chasse gardée » du duopole Boeing et Airbus, malgré l’expertise russe.

L’entrée en scène du C919

Pékin marque son entrée sur ce marché avec le C919, conçu par l’avionneur COMAC pour concurrencer les Boeing 737 Max et Airbus A320. Cet appareil moyen-courrier, capable de transporter jusqu’à 190 passagers sur 5 000 kilomètres, symbolise l’ambition d’autonomie industrielle chinoise après le succès relatif de l’avion régional MA-60. Pour l’heure, les premiers modèles sont principalement exploités pour les vols internes par China Eastern Airlines (CEA) et ont intégré la flotte présidentielle en remplacement d’appareils étrangers.

Le défi de la certification internationale

Si Pékin a certifié l’avion dès 2019 pour un usage domestique, la bataille pour la certification internationale s’annonce complexe. Elle ne se jouera pas uniquement sur des critères techniques ou aérodynamiques. L’aspect géopolitique est prégnant : le consortium américano-européen pèsera de tout son poids pour freiner ce nouveau concurrent. La maîtrise chinoise de ces engins entraînera inévitablement une baisse des coûts, portée par une approche commerciale souvent jugée agressive. En attendant, Pékin utilise son soft power pour séduire ses alliés des BRICS+, dont les flottes occidentales sont parfois clouées au sol par des sanctions américaines limitant l’accès aux pièces de rechange.

Encore des étapes à franchir

Bien que de conception nationale, le C919 dépend encore de composants étrangers majeurs. Ses moteurs LEAP sont fournis par le groupement franco-américain Safran/General Electric, tout comme le système de freinage ou le tableau de bord. Cependant, à l’instar d’autres secteurs stratégiques, Pékin devrait rapidement rattraper son retard pour s’imposer comme un acteur indépendant sur ce marché à fort potentiel économique.

Vijilin NGUELIFACK

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