Faux espoirs, vraies arnaques : le MINESUP démonte le mythe des “listes additives” en doctorat
Le ton est ferme, sans équivoque. Dans un communiqué radio-presse rendu public ce jour 15 avril 2026 à Yaoundé, le Ministre d’État, Ministre de l’Enseignement Supérieur, Jacques Fame Ndongo, met en garde contre une dérive inquiétante : la circulation de prétendues « listes additives » dans les admissions au cycle doctoral au Cameroun.

Derrière cette alerte officielle se dessine une réalité plus sombre : celle d’un système parasité par des réseaux informels, où l’espoir de poursuivre une thèse devient un terrain fertile pour escroqueries.
Une manipulation organisée autour de la détresse des candidats
Selon le communiqué, certaines sources font état de manœuvres frauduleuses visant à faire croire à l’existence de listes complémentaires en préparation. Plus grave encore, des candidats recalés seraient sollicités pour verser « de fortes sommes d’argent » dans l’espoir d’y figurer.
Une mécanique bien rodée, qui exploite la frustration d’une sélection particulièrement compétitive. Chaque année, les universités d’État camerounaises, telles que l’Université de Yaoundé I ou l’Université de Douala, reçoivent des milliers de candidatures pour un nombre de places strictement limité.
Le rappel à l’ordre du MINESUP
Face à cette situation, le MINESUP tranche : aucune liste additive n’est en préparation, ni dans les universités d’État, ni au sein de ses services. Les listes déjà publiées sont définitives et respectent les quotas fixés au sommet de l’État, notamment sous l’impulsion de Paul Biya, Président de la République.
Ce rappel vise autant à protéger les candidats qu’à préserver la crédibilité du système universitaire, déjà sous pression.
Un symptôme d’un malaise plus profond
Au-delà du fait divers, cette affaire met en lumière des fragilités structurelles. L’accès au doctorat au Cameroun reste marqué par :
- une forte demande face à une capacité d’accueil limitée ;
- un déficit de transparence perçu dans certains processus de sélection ;
- et une prolifération d’intermédiaires informels dans l’écosystème universitaire.
Dans ce contexte, la rumeur devient un levier puissant, et la désinformation, un business lucratif.
Que faire pour les recalés ?
Le message du ministère est clair : les candidats non retenus doivent se tourner vers la prochaine session, prévue pour l’année académique 2026-2027. Une invitation à la résilience, mais aussi un rappel implicite que le mérite académique reste, en principe, la seule voie d’accès légitime.
Crédibilité en jeu
À l’heure où le Cameroun ambitionne de renforcer la qualité de sa recherche et son positionnement dans l’espace scientifique africain, ce type de dérives constitue une menace sérieuse.
Le MINESUP joue ici une carte essentielle : celle de la restauration de la confiance. Mais la question demeure : cette sortie suffira-t-elle à dissuader les réseaux frauduleux, ou ne s’agit-il que de la partie visible d’un phénomène plus enraciné ?
Téléchargez le Communiqué officiel du MINETAT/MINESUP :

Arsène BAMBI KONDO


