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Depuis plusieurs mois, les parents d’élèves se trouvent dans une situation préoccupante concernant le paiement des frais d’Ape dans les établissements publics du primaire et du secondaire. Cette question, loin d’être résolue, a suscité des réactions contrastées et met en lumière un phénomène complexe et controversé.

En juillet 2024, une note émanant du délégué régional des enseignements secondaires de la région de l’ouest a informé les délégués départementaux de la suspension du paiement des frais d’Ape dans les établissements publics secondaires. Cette décision, qui aurait dû apporter un soulagement aux parents, a cependant été accueillie avec un mélange de confusion et de scepticisme. La note a circulé largement sur les réseaux sociaux, générant des commentaires enthousiastes mais aussi une certaine anxiété quant à sa mise en œuvre effective.

Jusqu’à récemment, les frais d’Ape pouvaient atteindre des sommes considérables. Dans certaines écoles secondaires, ces frais s’élevaient à 50 000 F CFA, s’ajoutant aux autres frais tels que ceux pour les examens, l’informatique et l’inscription. Même avec l’harmonisation récente des frais d’Ape à 25 000 F CFA, le montant total exigé aux parents reste élevé. Pour inscrire un élève dans un établissement public, les parents doivent encore débourser environ 53 000 F CFA, ce qui contraste fortement avec le principe de gratuité de l’éducation.

Cette situation soulève des interrogations sur la transparence et la légitimité de ces frais. Le flou persistant autour de leur maintien ou de leur suppression nourrit une frustration croissante parmi les parents. La confusion est exacerbée par le fait que certaines notes officielles demandent aux établissements de ne pas percevoir ces frais, tandis que d’autres continuent de les exiger. Les parents, notamment ceux de familles modestes, se retrouvent ainsi dans une situation financière délicate, peinant à réunir les sommes nécessaires pour scolariser leurs enfants.

De plus, il est reproché à l’Association des Parents d’Élèves (Ape) de fonctionner davantage comme une association d’élèves plutôt que de parents. En théorie, les frais d’Ape devraient être volontaires et non des contributions obligatoires. Cependant, en pratique, les élèves qui ne paient pas ces frais se voient souvent exclus des cours, ce qui transforme ces contributions en frais exigibles.

Les parents soulignent également que la gratuité de l’éducation, que l’État est censé garantir, devrait être financée par les impôts et taxes, et non par des frais additionnels qui pèsent lourdement sur leur budget. Ils affirment que l’exigence de paiement des frais d’Ape, loin d’être une simple formalité, constitue une véritable charge qui remet en question l’engagement de l’État envers une éducation accessible à tous.

L’exigence des frais d’Ape semble être une « feymania » qui abuse des parents d’élèves, les mettant dans une situation financière difficile tout en contournant le principe de gratuité de l’éducation. Cette situation nécessite une réévaluation sérieuse et une clarification des politiques pour garantir que l’éducation reste véritablement accessible à toutes les familles.

Eyangoh Ekolle

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