ChroniquesCritiquesDébatInformationInternational

Dynamiques internationales, de grands chamboulements en perspective

L’année 2026 ne s’ouvre assurément pas sur de bons auspices pour le système international et c’est le moins que l’on puisse dire. L’architecture onusienne, sorte de chape de plomb pensée au lendemain de la seconde guerre mondiale pour y adosser la pacification du système international à travers le mécanisme d’une régulation juridique, spécifiquement par ce qui convient d’appeler génétiquement droit international, semble plus que par le passé au bord d’un effondrement précipité.

Le retour en grande pompe de la puissance militaire dans la régulation des relations interétatiques sonne le glas d’une romance qui aurait échoué à bercer l’ouïe des puissants. Pour les petits États, le réveil est brutal et le constat amer, l’égalité souveraine des Etats, principe fondateur du droit international, s’est avéré à l’épreuve des faits être une chimère ; une véritable gageure internationale.

Le retour de la logique de 39-45

Comme en 39, la course à l’armement est relancée, les bombes nucléaires ont des capacités de plus en plus terrifiantes, les missiles balistiques sont de plus en plus sophistiqués et prolifèrent à l’ombre de tout contrôle onusien, plus que jamais affaibli. Les armes s’amassent, les mers se militarisent, y compris dans les profondeurs glaciales. Même l’espace, autrefois épargné, n’y échappe plus avec le lancement d’une constellation de satellites pour mener « la guerre des étoiles ».

Dans ce climat de pré-guerre, les blocs se reconstituent, s’affrontent de manière interposée sur les différents théâtres d’opérations, qu’ils soient africains, ukrainiens, orientaux, asiatiques etc.

La rhétorique belliqueuse vit ses plus belles heures et les institutions onusiennes sont neutralisées et observent impuissantes la détérioration du système international dont elles sont les garantes.

Dans ce capharnaüm international, les narratifs tombent, les récits se dévoilent et laissent percevoir un double standard longtemps dissimulé sous cap, entraînant une déconstruction factuelle des récits internationaux structurés autour de la promotion de la démocratie, de la préservation des droits de l’homme. C’est le cas notamment de l’Occident qui, depuis 45 se présente comme le défenseur fervent des valeurs libérales au cœur desquelles la démocratie libérale et l’égalité souveraine des Etats. On comprend aujourd’hui qu’il ne s’est jamais agi que d’un cache sexe, d’un habillage diplomatique.

Trump et l’accélération de la disruption du système international

La capture par des voies extrajudiciaires du président vénézuélien, Nicolas Maduro, revendiquée avec désinvolture par Donald Trump comme une symbole de la toute-puissance de l’armée américaine, associée à l’incapacité ahurissante des européens, défenseurs autoproclamés de la démocratie, à prendre des sanctions contre l’allié américain est un véritable crash qui ne manquera pas d’influer sur les autres puissances impériales du monde. Cet acte d’agression sera en perspective convoqué par la Chine pour envahir Taïwan et dans la rivalité annoncée pour le contrôle du Groenland.

Seule une réforme courageuse du système onusien, notamment du Conseil de Sécurité, de façon à l’arrimer aux rapports de force actuels, serait à même d’éviter le scénario apocalyptique vers lequel le monde fonce à grande vitesse.

Vijilin NGUELIFACK

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *