×
Dans

Café Littéraire : Le professeur Jean Marcel Ossiéné enchante le Centre Culturel Géraude, autour du roman de l’auteure nigériane Ayὸbámi Adébáyὸ intitulé, Stay with me, Prix les Afriques 2020.

Cet enseignant de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Douala était l’invité vedette d’un café littéraire organisé conjointement par La cene littéraire, l’Associaion Jeunes et le conceptualiste, le samedi 25 septembre 2021 au Centre Culturel Géraude sis à Nyalla, au lieu dit Kambo II. L’idée d’aller dans les abysses de la ville de Douala pour parler de littérature était osée mais finalement gratifiante à souhait.

Pour parler de Reste avec moi d’Ayὸbámi Adébáyὸ, paru aux éditions Flore Zoa dans sa traduction française signée Josette Chicheportiche, le Professeur Ossiéné a emprunté deux axes principaux, à savoir la culture africaine et la mondialisation. En s’adossant sur des éléments textuels, des axes thématiques et des considérations onomastiques, il a convoqué le texte en mettant en exergue la question de l’infertilité et de la polygamie dans un Nigéria pris entre des traditions parfois caricaturales et une mondialisation qui ne tient pas la promesse des fleurs.

Ici l’accent usité emprunte à l’oralité et met en lumière un contexte endogène et une cartographie de l’espace qui permettent d’identifier des problèmes relatifs à la vie sociopolitique et culturelle du Nigéria contemporain. L’infertilité évoquée dépasse alors le cadre du non enfantement du couple pour mettre à jour l’inopérationnalité politique qui n’arrive pratiquement à rien produire.

Le commentateur parle de réceptions actives et latentes pour évoquer les subrécepteurs, voire une réception subliminale. Il précise que l’auteure est un écrivain lexicographe qui nous vend sa culture sur fond de poétique du traduire, de diglossie et d’hétéroglossie. Être au monde c’est cohabiter. L’infertilité apparait alors comme mesure de la vie sociale et politique dans ce roman, sur fond d’un amour démesuré entre Yejide et son mari Akin.

C’est de cet amour et des problématiques y afférentes que vont parler les co-panélistes du Professeur Jean Marcel Ossiéné, le Sieur Joseph Mboné, enseignant de français au Lycée et Dame Line Kamite, auteure, enseignante de physique et activiste littéraire. Ces derniers, partant de la doublette culture et mondialisation, évoque un livre émouvant, captivant et dénonce les tares d’une mondialisation qui fait plus de mal que de bien. Reste avec moi parcoure la problématique du désir d’enfanter, de la victimisation de la femme, et surtout du combat – féministe ? – de Yejide le personnage principal, pour arracher sa liberté de penser et d’agir.

Au demeurant, le Professeur Ossiéné a rappelé l’importance de l’éducation dans la construction des représentations, la majesté de la lecture, la nécessité de promouvoir la culture africaine et aussi l’urgence d’avoir un encrage social pour réussir à produire un excellent roman comme Stay with me de Ayὸbámi Adébáyὸ. Pour le mot de fin, Rose Ngomon la directrice du Centre Culturel Géraude a consisté à féliciter les organisateurs, à remercier les panélistes, ainsi que le public cosmopolite, au milieu duquel on retrouve un certain Emboussi Nyano, Philosophe.

 

De notre reporter, Jean Bosco Bell

 

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Auteur/autrice

camervibesmedias@gmail.com

Publications similaires

« Le Vieux Nègre et la Médaille » : quand Ferdinand Oyono démasque l’illusion coloniale

Publié en 1956, Le Vieux Nègre et la Médaille s’impose comme l’un des romans fondateurs de la littérature africaine anticoloniale. À travers...

Lire la suite

Engelbert Mveng et Balafon : quand un écrivain camerounais transforme la poésie en pont entre les peuples

Publié en 1979, Balafon d’Engelbert Mveng est un recueil profondément ancré dans l’histoire, la culture et l’esprit de résistance du Cameroun. À...

Lire la suite

« Le moi est haïssable », les limites de la condamnation pascalienne

Dans ses Pensées, Pascal formule une sentence brutale : « Le moi est haïssable ». Par cette formule, il dénonce la tyrannie...

Lire la suite