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Dans une énième tentative désespérée de résoudre par la voie diplomatique le différend historique opposant Kigali à Kinshasa sur l’offensive militaire du M-23 à l’Est de la RDC, les Présidents Paul Kagamé (Rwanda) et Félix Antoine Tchisekedi Tshilombo (RDC) ont paraphé ce jeudi 4 décembre, dans le Bureau Ovale, un accord visant à ramener la paix. Le Président Trump, garant dudit accord et obsédé par le Nobel de la paix, s’est félicité de cette solution, se présentant comme le faiseur de paix, bien que les termes exacts de l’entente n’aient pas été divulgués.

Seulement, le retour au calme n’est pas certain d’être favorable à la prospérité des affaires, notamment celle de l’exploitation des nombreux gisements de minerais, vendus sur le marché noir à un coût trois à quatre fois inférieur au prix officiel. L’échec de la démarche fut d’ailleurs quasi immédiat : au lendemain même de la signature, la ville congolaise d’Uvira tombait entre les mains des rebelles. Cette prise illégale est perçue au Congo comme un défi personnel lancé au parrain américain, qui, de son côté, n’exclut pas l’hypothèse de prendre des sanctions ciblées contre les barons du régime rwandais.

L’incapacité des puissances régionales

Contrairement aux négociations plus chaleureuses de mars dernier à Doha, l’épisode américain fut marqué par une tension perceptible, les deux leaders refusant de s’échanger des poignées de mains.

Dans cette architecture complexe de jeu d’influence, l’Afrique est silencieuse, impuissante, voire inaudible. Elle est dépourvue de toute marge de manœuvre du fait de l’implication directe ou indirecte de nombreux États de la région des Grands Lacs. Après les tentatives de médiation avortées de l’Union Africaine, de la Conférence des Grands Lacs et de l’Angola, le processus est monté d’un cran sans pour autant faire baisser les tensions, qui se sont, à la vérité, exacerbées.

Dans cet engrenage potentiellement explosif, le Congo n’exclut clairement plus d’attaquer directement le Rwanda. L’éventualité de l’échec de cet accord était perceptible dès sa signature, à l’écoute des discours dissonants des leaders rwandais et congolais qui se rejetaient préventivement la faute. La seule certitude que l’on tire de cet épisode est que le retour de la paix à l’Est de la RDC, et partant dans la région des Grands Lacs, n’est pas pour demain.

Vijilin NGUELIFACK

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