Tu es venu à nous ANICET GEORGES EKANÉ,
Tu repars en héros, auréolé de la flamme ardente du NATIONALISME,
Ton souvenir sommeillera désormais sous nos pieds ;
Les pagaies des piroguiers siffleront ton nom
Aux berges du Wouri…
Et la Menoua engraissera par ta dignité,
Au majestueux Char des Dieux tu recueilleras !
Comme un clin d’œil,
Pétillant et larmoyant, fait à l’histoire du Nationalisme camerounais,
Dont la dernière braise vivifiante d’espoir brûlait en toi,
Tu es parti ;
Parti non pas en lâche,
Pas même allongé sur ton lit,
Non tu étais trop fière pour cela,
Non tu es parti entre les mains du bourreau, du moins ce qui en fait office ;
Comprendront-ils le message…
Ultime dérision du scénario tronqué de 55
Comme Um
Comme Ernest
Comme Ouandié
Comme Afana,
Ta dernière strophe,
Tu l’as maculé du sang des martyrs…
Rouge et vif !
À présent que tu revêts le noir pour l’éternité,
Il me plaît de savoir que tu festoieras dès ce soir même au banquet de Um et compagnies,
Eux dont le souvenir est immortel,
Tes vénérables devanciers…
Ceux dont tu as courageusement repris le flambeau…
Rejoins-les…
Dis leurs que tu n’as pas trahi,
Trahir était au-delà de tes forces !
Le flambeau,
Aujourd’hui, tu nous le lègues
Épuisé, éreinté du combat,
Tu relaies le message
Celui issu des noces pourpres de Bafoussam…
Dort tranquille,
Ta graine ensemencée moissonnera,
Fertilisée par ton sang,
Humidifiée par ton courage
Et ta bravoure…
La douleur est immense,
Le vide béant
Mais l’histoire continue ;
Même mort tu les as vaincus,
Eux qui s’agenouilleront demain à Mvolyé,
Évoquant un Dieu qu’ils ont cessé de servir jadis…
…Qui, je le crains, n’ont jamais servi !
Festoie avec tes pairs
Eux dont tu as suivi les pas
Eux dont tu as repris le combat
Eux qui t’accueilleront aujourd’hui pour les noces de réjouissances macabres de la République.
Du Sawaland…
Tu nous es venu
Camerounais…
Tu repars !
À l’unisson nous célébrons ton nom !





Vijilin NGUELIFACK
