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Cameroun : Bras de fer dans l’enseignement supérieur, le SYNES durcit le ton face au MINESUP

La crise qui couve dans les universités publiques camerounaises prend une tournure dramatique. Entre le Ministère de l’Enseignement Supérieur (MINESUP) et le Syndicat National des Enseignants du Supérieur (SYNES), le dialogue ressemble désormais à un dialogue de sourds, rythmé par une véritable guerre de communiqués — six au total en seulement sept jours.

Vendredi 12 septembre 2026 à Yaoundé, le ministre d’État Jacques Fame Ndongo tentait d’organiser une réunion d’apaisement. Mais l’initiative a viré au camouflet politique. Dans une correspondance officielle datée du 10 septembre depuis Douala, la Secrétaire Générale du SYNES, Pr Wogaing Fotso Jeannette, recadrait fermement le ministre : « Il revient à l’exécutif du Syndicat, et à personne d’autre, de décider de la composition de sa délégation ». Dénonçant une convocation précipitée et la présence non mandatée de certains enseignants — notamment les professeurs Michael Lang, Confidence Chia (Université de Bamenda) et James Amey Abangma (Université de Buea) —, le Bureau Exécutif National (BEN) a publiquement désavoué ces membres.

Conséquence immédiate : le SYNES réaffirme sans ambiguïté le mot d’ordre de grève totale et illimitée déclenché le 3 septembre dernier. Les syndicalistes exigent le paiement intégral de l’allocation spéciale pour la modernisation de la recherche, l’apurement de la dette académique accumulée depuis des demandes d’audience restées sans effet en novembre 2025, ainsi qu’une amélioration globale des conditions de travail.

De son côté, Jacques Fame Ndongo tente de rassurer l’opinion en affirmant que les préinscriptions et les concours d’entrée aux grandes écoles se poursuivent normalement, assurant que l’État a débuté l’apurement progressif des dettes. Si le SYNES se dit toujours ouvert à une concertation constructive — proposant un créneau entre le 15 et le 18 septembre —, le syndicat exige un ordre du jour clair. L’année académique reste plus que jamais suspendue à un accord durable. Quand on sait que le SYNAPAUC, le Syndicat National Autonome des Personnels d’Appui des Universités d’Etat du Cameroun cache mal les frustrations accumulées par ce personnel depuis 2014, il y’a lieu de craindre pour la rentrée dans les Universités d’Etat du Cameroun. Chauds devants !

Par Martin LEMBA

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