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Le vernis humanitaire craque à Gaza. L’ONU a dénoncé mardi des images « déchirantes » de milliers de Palestiniens affamés se ruant désespérément sur un centre de distribution d’aide à Rafah, dans le sud de l’enclave dévastée. Ces scènes de chaos, survenues ce 27 mai, illustrent tragiquement l’échec d’un nouveau système de distribution d’aide, soutenu par les États-Unis via la controversée Fondation Humanitaire de Gaza (GHF), et mettent en lumière une crise humanitaire qui s’aggrave sous les yeux du monde.

« Franchement, ces vidéos, ces images sont déchirantes, » a fustigé Stéphane Dujarric, porte-parole du Secrétaire Général de l’ONU, décrivant des « gens désespérés cherchant à obtenir de l’aide dans ces conditions ». L’incident, où l’équipe de la GHF a dû se replier face à la foule, survient alors qu’Israël, après plus de deux mois d’un blocus quasi-total imposé début mars, a partiellement autorisé les livraisons. Mais ce nouveau mécanisme, contournant les agences onusiennes établies, est loin de faire l’unanimité.

Des témoins, comme Ayman Abou Zaïd, déplacé à Rafah, décrivent la panique et le manque criant d’aide : « Ils ont essayé de rentrer pour prendre tout ce qu’ils pouvaient ». Des tirs d’avertissement israéliens auraient ajouté à la terreur. Si le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a reconnu une « perte de contrôle momentanée », le bureau de presse du Hamas à Gaza y voit la preuve de « l’échec lamentable » des tentatives israéliennes de distribuer l’aide en marge de l’ONU.

La GHF, créée de toutes pièces en février et enregistrée à Genève mais sans présence connue, est au cœur de la polémique. Accusée par la communauté humanitaire d’aider Israël à atteindre ses objectifs militaires et de violer les principes de neutralité, elle a vu son ancien directeur exécutif, Jake Wood, démissionner, jugeant impossible de travailler selon les standards humanitaires. L’ONU a d’ailleurs exclu toute collaboration avec cette fondation.

Alors que la GHF affirme avoir distribué « 462 000 repas », ce chiffre paraît dérisoire face aux besoins immenses d’une population de 2,4 millions de personnes au bord de la famine. La dénonciation de l’ONU, qualifiée de « comble de l’hypocrisie » par Washington, souligne l’impasse tragique et la politisation d’une aide vitale, laissant les civils palestiniens pris au piège d’une guerre et d’une crise humanitaire sans précédent.

Jean Bosco BELL

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