Sénégal, « Game of Thrones »
Le retour triomphal à Dakar, ce 17 juillet 2026, de l’ancien président Macky Sall pose les prémices d’une inévitable recomposition du paysage politique. Ce scénario est rendu possible par la rupture Diomaye-Sonko, virant à une rivalité institutionnelle dont les arbitres pourraient bien être des acteurs non-institutionnels.
Dans ce contexte, le président de l’Assemblée nationale et leader du PASTEF, Ousmane Sonko, pourrait être le grand perdant. Les premières tensions sont nées du refus du président Bassirou Diomaye Faye de traduire son prédécesseur en justice et de son rapprochement avec le camp Sall, incarné par la désignation d’Aminata Touré à la tête de la coalition Diomaye Président.
L’adversaire de mon adversaire est mon allié
En facilitant le retour de Macky Sall, le président Faye entend s’inscrire en homme d’État et prépare le terrain d’une alliance avec un prédécesseur toujours très populaire.
Des tractations politiques en perspective
Le chef de l’État a transformé sa coalition en parti politique nommé « Les Patriotes Républicains », actant sa rupture avec Sonko. Pour faire face à la popularité de ce dernier en vue de 2029, Faye doit ratisser large et se tourner vers le clan Sall. Macky Sall, qui vise le poste de Secrétaire général des Nations unies en septembre prochain, a impérativement besoin du soutien officiel de son pays. Par ailleurs, des négociations seraient engagées avec d’autres poids lourds comme Khalifa Sall, Moustapha Niasse, Idrissa Seck ou Karim Wade.
Une lame à double tranchant
Diomaye Faye prend un risque. Si Macky Sall échoue à l’ONU, il pourrait convoiter à nouveau le Palais de la République, rendant inévitable un duel Sonko-Sall. Mais en cas de succès onusien, la popularité de Sall servirait le président en exercice. Quel que soit le scénario, ce rapprochement offre à Sonko un argument idéal pour dénoncer la compromission de la classe politique. Les rivaux d’hier deviennent les alliés d’aujourd’hui : c’est la politique.












Vijilin NGUELIFACK


