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Le 3 septembre prochain, à la place Tiananmen, Pékin recevra, à l’occasion de la commémoration du 80e anniversaire de la victoire de la grande guerre de résistance du peuple chinois contre l’agression japonaise, une vingtaine de Chefs d’États et de Gouvernement issu de tous les blocs géopolitiques. Tout en promettant une grandiose parade militaire, aux allures de démonstration de force, Pékin a, par la voix de son vice-ministre assistant des affaires étrangères Hong Lei, appelé son rival japonais à « rompre clairement avec le militarisme et à emprunter une voie juste de développement pacifique et de bon voisinage ».

Comme ultime preuve de l’influence diplomatique chinoise, le pays accueillera le président russe Vladimir Poutine, le Premier Ministre indien Narendra Modi ainsi que son homologue et grand rival pakistanais, Shahbaz Sharif, le leader Nord-coréen, Kim Jong Um, le président iranien Masoud Pezeshkian qui représentera le guide suprême l’Ayatollah Khamenei, le président cubain Michel Diaz Canel ainsi que ses partenaires africains dont le congolais Denis Sassou Nguesso, le Zimbabwéen Emmerson Mnangagwa etc.

Bien plus qu’une simple démonstration de sa puissance militaire, la Chine peaufine et affirme son Soft Power en tenant un discours conciliant, structuré autour des intérêts réciproques. Une démarche qui contraste avec celle de ses grands rivaux occidentaux, États-Unis en tête, qui ne brandissent plus que sanctions économiques, taxes douanières, pressions diplomatiques et agressivité à n’en plus finir. Cette offensive diplomatique des puissances émergentes procède de la dynamique de rééquilibrage des inégalités géopolitiques, faisant de facto de la Chine un médiateur capable de parler à tous les acteurs sans condescendance, sans complaisance et sans intimidation ni mépris.

En réunissant autour d’une même table les leaders indiens et pakistanais, elle magnifie une diplomatie de dialogue chère à son leader, le président Xi Jinping. Elle renforce surtout ce nouvel axe de puissance mondiale que représentent les BRICS+. Aussi, elle essaie de récupérer dans son giron son allié nord-coréen qui basculait lentement vers son grand ami russe. C’est un véritable message d’unité envoyé aux puissances du G7 dont les divisions ont éclaté au grand jour sur le conflit russo-ukrainien. Pour mémoire, la guerre de résistance chinoise contre l’agression japonaise se déroula de 1931 à 1945, faisant plus de trente-cinq millions de morts civiles et militaires confondus.

Vijilin NGUELIFACK

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