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L’annonce a fait l’effet d’une bombe dans les milieux diplomatiques français. Quelques heures seulement après la visite du Ministre français des Affaires étrangères et de l’Europe, Jean-Noël Barrot, au Tchad, le pays de Toumaï a, dans un communiqué signé par le Ministre d’État, Ministre des Affaires étrangères et de l’Intégration africaine des Tchadiens de l’étranger et de la Coopération internationale, Porte-parole du Gouvernement, annoncé la fin de l’accord de sécurité et de défense qui le lie à son ancienne colonie depuis 1960.

Confronté à une montée sans précédent du sentiment anti-français en Afrique subsaharienne, le président Emmanuel Macron, dans une tentative désespérée de sauver les meubles après la dénonciation des accords similaires par les militaires au pouvoir dans les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), avait nommé un envoyé spécial pour quatre des cinq pays africains abritant encore des bases militaires françaises.

Dans son rapport, déposé à l’Élysée le 25 novembre dernier, Jean-Marie Bockel préconisait une reconfiguration de la présence militaire française en Afrique, marquée par une réduction drastique des effectifs et un partenariat « renouvelé », « co-construit » et adapté aux besoins des partenaires africains. Pour le Tchad, où il suggérait une réduction des effectifs de 1000 à 350, il n’en sera finalement rien, car le régime de N’Djamena a sifflé la fin de cet accord.

« 66 ans après la proclamation de la République du Tchad, il est temps pour le Tchad d’affirmer sa souveraineté pleine et entière et de redéfinir ses partenariats stratégiques selon ses priorités nationales », annonce le communiqué. Le Tchad s’engage à respecter les obligations contractuelles, tout en affirmant être ouvert à de nouveaux partenariats.

Dans une adresse à la Nation le 1er décembre, le président Mahamat Déby Itno a qualifié cette décision de « mûrement réfléchie » et conforme aux aspirations profondes du peuple tchadien. Un camouflet pour Paris, qui avait soutenu Mahamat Déby Itno à la suite de la mort de son père pour préserver ses intérêts.

L’effet de contagion se propage : après le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Sénégal et maintenant le Tchad, d’autres pays africains exigent une redéfinition de leurs relations avec Paris. Aujourd’hui, seuls Djibouti, le Gabon et la Côte d’Ivoire maintiennent encore des bases militaires françaises sur leur sol.

Nguelifack Vijilin Cairtou

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